Présentation du festival Les Nuits D’Orient

Détrompez-vous, à Dijon la saison hivernale n’est pas synonyme d’hibernation !
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Le festival Les Nuits d’Orient, véritable temps fort de la vie culturelle dijonnaise, participera à réveiller et réchauffer les âmes dijonnaises. Du 1er au 14 décembre, Dijon partira à la découverte des liens qui unissent Orient et Occident, pour une rencontre culturelle riche en sensations et en émotions. Ouverte et accessible à tous les publics, la 15ème édition des Nuits d’Orients proposera une programmation toujours plus conviviale et pluridisciplinaire, entre cinéma, concerts, théâtre, expositions, conférences, ateliers artistiques et autres projets participatifs ! Cette rencontre unique des cultures orientales et occidentales, mélange de traditions et de modernité, de participations amateurs et de performances professionnelles, est un aller sans retour vers des valeurs de tolérance, de respect et d’ouverture. Le festival des Nuits d’Orients est une occasion offerte à tous de se divertir en découvrant, en apprenant et en partageant à travers des créations originales et des formes artistiques innovantes.

Interview Salah Oudahar

« Salah Oudahar, né en 1951 à Iflissen, en Kabylie maritime, il sort diplômé des Sciences Politiques. Il a enseigné à l’Université de Tizi-Ouzou jusqu’en 1992, date à laquelle il a quitté l’Algérie pour s’établir à Strasbourg où il développe depuis un travail au croisement de la recherche, de la création artistique, de l’action culturelle, sur les thèmes notamment de l’histoire et de la mémoire.
Il est directeur artistique du Festival Strasbourg-Méditerranée et Président de la Cie de théâtre et de danse Mémoires vives. »

[Y. Balangier, auteur]

« Sur ces terres de Kabylie maritime, l’exposition de Salah Oudahar nous donne à saisir le ciel, la terre et la mer dans de perpétuelles noces solaires et nocturnes. Sans grandiloquence. Au ras des vagues, des tissures, des blessures et des exils. Éternité d’un songe en devenir. »

[Abdelmadjid Kaouah, poète et journaliste]

Salah Oudahar

Les témoins du temps est un mélange de plusieurs types d’art, qu’est-ce que chacun d’entre eux apporte comme vision de votre histoire personnelle et pour l’exposition ?

Cette exposition a d’abord été réalisée il y a un an à Strasbourg dans le cadre du festival Strasbourg-Méditerranée à la médiathèque Malraux. Les concepts et prémices sont apparus en 2010-2011, j’ai ressenti le besoin de revoir les lieux de mon enfance, là où a eu lieu la guerre d’Algérie. L’exposition est une sorte de mémoire de la guerre d’Algérie dans mon enfance, il ne reste désormais que des ruines car les gens sont partis vivre vers les routes et les villes.
Les ruines de la guerre mélangées avec les ruines plus anciennes de l’histoire. J’ai voulu plonger dans la mémoire collective et la mémoire individuelle, et j’ai ressenti le besoin d’écrire quelque chose de plus précis et de prendre des photos. Les photos peuvent être inspirées des textes ou s’en inspirer, ce sont des rêveries, des échappées… J’ai voulu croiser des langages différents : des textes, des poèmes, des proses, des photos et des installations sonores.
J’aborde plusieurs thèmes : les ruines, les pierres, l’eau, le feu. Ce dernier peut être celui de la guerre, mais aussi celui de la passion. J’essaye de voir également, comment à partir d’une histoire singulière, on peut arriver à une histoire universelle pour parler au monde. On parle au monde qu’à partir de notre lieu.
La pierre c’est le « dur », cela renvoie au permanent à l’ininterrompu. L’eau coule et fait donc penser au temps qui passe, symbole de la vie. La mer c’est le symbole du départ.
La photo peut fixer ce temps. Il y a une tension dans mes textes entre le « dur », la permanence et les autres éléments plus fuyants. Il y a une nécessité de se remémorer tout cela.
Il y a donc une interrogation sur les thématiques mais aussi sur la mémoire, le temps, l’histoire, le monde. Mon œuvre se base sur des faits historiques, sur la mémoire…Et en même temps, c’est un récit assez particulier qui travaille sur les décalages avec un croisement entre des photos et des textes.
Ce n’est pas une exposition de photo car je ne suis pas photographe mais fondamentalement un poète. Pour créer de l’émotion, il faut en créer une avec le public, lui permettre de rentrer dans mon univers. Ici, la photo n’est pas une illustration du texte et le texte n’est pas là, pour illustrer la photo.
Le texte permet de mettre en mouvement la photo et permet de raconter une histoire qu’on ne voit pas. Le texte est comme l’eau, comme l’écoulement du temps. Si je prends une fenêtre en photo, je ne parlerai pas de la fenêtre car c’est simplement un élément déclencheur.
Ce travail s’inscrit dans un cadre. Déjà en Algérie, j’établissais des rapports entre politique et histoire, théâtre, vie culturelle et travaillais sur la mémoire dans la formation des identités individuelles et collectives.

La mémoire est un leitmotiv dans vos œuvres, et particulièrement dans cette exposition, pourquoi ?

A travers cette exposition je veux montrer comment moi, en tant qu’artiste, je pose la question de la mémoire, comment je relate un récit. Même s’il est personnel, il est à la fois réel et à la fois imaginaire car l’art c’est aussi l’imaginaire. La mémoire est une forme de connaissance du passé, de rapport au passé… Est-ce que le travail sur nos mémoires nous permet de nous réapproprier notre passé pour pouvoir nous émanciper ou bien cela créé-t-il un rapport mortifère, traumatisant qui nous enferme ? C’est une question de fond !
D’un côté, on a une ouverture avec une reconnaissance de l’autre ou bien cela nous enferme dans un rapport exclusif, notre identité est figée.
Comment dans ces lieux marqués, tourmentés, blessés et ancrés par la guerre, la violence, la solitude et le départ, comment habiter le monde, ce monde? Comment vit-on, appréhende-t-on notre rapport au passé aux différentes formes et expressions du passé? Comment vit-on ce rapport ? C’est un rapport complexe. Et tout se généralise au monde. D’ailleurs, le premier panneau à l’entrée que l’on voit, est un genre de conte : « Et la pierre dit à la pierre : j’arrête là ma course, la terre est trop petite pour moi, vaste est ma solitude, j’interromps là le récit de l’improbable rencontre, d’autre viendront après moi et le reprendront et le marqueront de leurs rêves et de leurs brûlures, c’est une manière à eux de dire et de nommer le monde pour l’habiter de nouveau ». Comment habiter le monde ? Car il devient de plus en plus inhabitable… C’est une histoire personnelle qui me semble parler à tout le monde.

Vous avez un parcours assez atypique, qu’est-ce que votre histoire personnelle vous a appris ?

C’est un hommage à des éléments de ma famille et à l’Algérie qui a souffert avec cette guerre. Pour que ces gens-là ne soient pas oublié, un travail de témoignage. Je rends hommage à ma filiation car mon père était tailleur de pierre. Les pierres sont encore là d’ailleurs c’est avec celles-ci qu’on a bâti la maison qui est en ruine. Au départ de mon travail je n’avais pas pensé tout de suite à mon père, puis au fur et à mesure c’est venu. J’ai commencé par me dire que j’allais travailler sur le thème de la pierre et de la ruine et j’ai réalisé à ce moment-là que c’était un hommage. La nouvelle génération s’empare de la pierre pour en faire quelque chose. Moi aussi je travaille la matière : la mémoire, l’histoire pour essayer de construire une maison commune alors que mon père c’est une maison que l’on peut habiter. Moi, je contribue à cela dans sa continuité, dans une même filiation. La pierre est un socle, une base solide.

Que voudriez-vous transmettre à travers cette exposition ?

Je veux que l’on garde les événements en mémoire. La mémoire de l’émigration et son histoire, comprendre ce phénomène : le rejet et l’acceptation qui est un problème sensible aujourd’hui. Il faut travailler sur les représentations et les mentalités et voir comment on peut changer cela.
Mon travail sur l’histoire, c’est d’essayer de la rétablir : la France est un pays d’émigration avec des étrangers qui lui ont apporté leurs cultures. C’est une fabrication multiculturelle ! Et il faut mettre en valeur les apports de l’émigration. Je suis très actif et travaille tant sur le plan associatif que culturel et artistique. Le festival Strasbourg Méditerranée est un grand festival dont le thème est la mémoire de l’émigration, les rapports nord-sud… Mon travail est une démarche, un parcours individuel, et en même temps une démarche artistique et mutuelle. Je pense d’ailleurs publier un livre qui regroupera l’exposition.
Je veux que, grâce au partage des émotions, tout cela montre l’universalité.

Quelles sont les réactions du public en général ?

Mon travail semble apprécié. Le festival de Strasbourg attire beaucoup de personnes (entre 20 000 et 25 000) et a un fort impact. Je travaille énormément avec des jeunes… des jeunes du quartier. On pose les thématiques dans l’espace public. « Les Témoins du temps » a une importante fréquentation l’année dernière elle est restée en place du 30 novembre au 4 janvier. Les gens aiment beaucoup le croisement textes-photos. Il y a un partage des émotions, cela devient une histoire universelle les gens se reconnaissent même s’ils sont d’une autre culture.

Comment êtes-vous arrivé dans le Festival Les Nuits d’Orient ?

J’ai été invité car on a découvert mon travail. Je rends d’ailleurs hommage au festival, à la ville et surtout à deux associations qui porte ce projet et le défendent: Un livre, une vie qui fait un travail magnifique, elle envoie des livres en Algérie et en Kabylie et La voix des mots, partenaire de ce projet. C’est grâce à ces associations qui ont cru en ce projet que mon exposition est devenue un événement phare du Festival. Cela permet de faire circuler les idées et de créer un lien pour faire avancer les choses par les œuvres, les rencontres, et le partage des idées de reconnaissance de l’autre contre le rejet, le racisme, et la haine.

Promenade au musée des Beaux Arts avec Néfissa Bénouniche

C’est à travers une promenade contée au Musée des Beaux Arts que Néfissa Bénouniche a su nous faire aimer ses histoires insolites, drôles et décalées…

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Débordante d’énergie, la conteuse a fait voyagé son public, majoritairement des enfants, en rythmant ses mots de chants, de ritournelles et de répétitions…

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Reportage mené par Ophélie Marmont et Amandine Eymes.

Reportage : ateliers de cuisine

Pour la petite histoire…

Le Festival des Nuits d’Orient parcourt les terres orientales sous de multiples facettes. Cette année encore, les cultures où l’Orient et l’Occident se rencontrent, se découvrent et partagent des moments de vie et de culture loin de tous les clichés.

C’est à travers différents ateliers culinaires autour des pays maghrébins que Fouzia et Rabia, nous ont fait part de leurs talents pour réaliser ensemble, une chorba frick, soupe traditionnelle algérienne digne du nom, ainsi que de délicieux petites fékasses pour parfaire nos desserts.

C’est autour d’une ambiance conviviale que nous nous sommes retrouvés au centre Balzac de Dijon, afin de cuisiner ensemble ces saveurs orientales.

Groupe de six femmes, toutes venues des 4 coins de la région afin de partager les unes avec les autres ce moment en cuisine.

Et pour vous donner l’eau à la bouche, voici quelques images de ces agréables rencontres…

En vous souhaitant un bon appétit ! شهية جيدة

La chorba frik, d’origine d’arabe qui veut dire liquide, est une soupe à base de blé vert concassé et de viande, consommée en Algérie.

Chorba Frick

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Pour 6 personnes
Préparation : 30 minutes
Cuisson : 30 minutes

Ingrédients :

 · 500 g de filet de dinde

 · 500 g de viande hachée

 · 2 briques de coulis de tomate

 · environ 80 g de Frik (soit 4 cuillères à soupe)

 · 1 bouquet de coriandre

 · 1 tête d’ail

 · 1 oignons

 · ¼ de poivron vert

P1050217 · 1 cuillère à soupe de Raz el Hanout

 · 2 cuillères à soupe d’huile tournesol

 · 1 cuillère à soupe de sel

 · Une pincée de poivre

 · 1,5 l d’eau

Recette :

Détailler les filets de dinde en plusieurs petits morceaux, peler l’oignon et l’ail, et les ciseler. Faire de même avec la coriandre, que vous séparerez en deux portions. Une partie sera conservée pour décorer et assaisonner votre plat.
Faire revenir l’huile dans un fait tout avec la dinde. Ajouter un peu de sel, et de poivre.
Constituer une boule avec la viande hachée, où vous ferez un petit creux au centre afin d’y placer votre oignon, une cuillère à café de sel, poivre ainsi que la moitié de l’ail. Mélanger le tout en malaxant afin de constituer une boule. Faire de petites boulettes avec le tout. Réservez.
Ajouter à la préparation 1 cuillère à soupe de Raz el hanout, une pincée de sel, 2 briques de coulis de tomate, 1,5 l d’eau. Porter à ébullition.
Ajouter le frik ainsi que les boulettes au fur et à mesure. Ajouter le quartier de poivron à la cuisson. Recouvrez. Laissez cuire à feu doux pendant une demie heure, remuez de temps en temps.
Servir chaud, et ajouter à l’assiette un peu de coriandre.

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Fékasses aux amandes

 

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Ingrédients: (pour 1 kg de fekasses)

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· 1 bonne cuillère à soupe d’anis en poudre

· 200 grammes d’amandes entières

· 4 verres d’huile de tournesol

· 1 kilo de farine

· 7 oeufs entiers

· 2 jaunes d’oeuf

· 1 cuillère de café moulu

· un petit bol de sucre

· 1 sachet de levure chimique

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Recette :

Couper les amandes en petits morceaux. Dans un saladier, mélanger les oeufs, le sucre, l’huile, la levure et les amandes coupées. Puis ajouter la farine petit à petit jusqu’à obtention d’une pâte homogène. Malaxer et faire des boudins avec la pâte.

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Préchauffez le four à 200°.

Placer les boudins sur un lèche-frite recouverte de papier sulfurisé. Dorer-les avec le mélange des jaunes d’oeuf et du café puis faire des raignures sur les boudins à l’aide d’une fourchette. Cuire à demi-cuisson pendant 20 minutes. Attendre que les boudins refroidissent et les couper en tranches fines. Enfourner à nouveau jusqu’à ce que les tranches soient dorées.

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Avec un bon thé à la menthe ou un café… c’est croquant et délicieux !

Reportage mené par Ophélie Marmont et Amandine Eymes.

Interview Mohamed Abozekry

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Vous êtes lauréat du premier prix au concours international d’Oud de 2009 à Damas, vous jouez de la musique du monde instrumental, mais surtout depuis 2010 vous avez crée le groupe de musique instrumentale Mohamed Abozekry & HeeJazz qu’on appelle désormais Heejazz extended.

Qu’est-ce qui est le plus gratifiant dans votre pratique de la musique ?

La recherche, car elle mène à la création, et c’est cette création musicale que le public aime ou pas.

On a pu voir que vous êtes un diplômé de l’université de Lyon II en musicologie et que depuis quelques années vous vous êtes installé en France. Pourquoi ces choix ?

Depuis 6 ans je vis en France. Je devais finir ma licence en trois ans sauf qu’avec les concerts, les projets et collaborations, je n’arrivais pas à être toujours à l’Université. Mais enfin bref j’ai validé ma licence en cinq ans. Pour cette sixième année je viens de bouger à Paris et je continue ma vie.

Rester en France est provisoire, peut-être dans deux ou trois ans je devrais partir mais je ne suis pas du tout sûr. Je ne travaille pas qu’en France, je travaille aussi à l’international, je viens d’Egypte donc je travaillais déjà là-bas, tout comme le moyen orient et maintenant on va aller aux Etats-Unis, ce qui n’a rien à voir avec la France. J’essaye d’élargir mes lieux de rencontres en collaboration avec d’autres musiciens.

Vous êtes attendu ce soir 06  Décembre à 20h à la MJC Bourroches à Dijon pour un spectacle du Festival « Les Nuits d’Orient » prévu du 1er au 14 décembreQuelle surprise réservez-vous au public dijonnais ?

On travaille avec les élèves des ensembles de guitares classiques et de jazz du Conservatoire à rayonnement régional de Dijon CRR et par Olivier Pelmoine, enseignant guitariste au conservatoire de Dijon et également une violoniste, Amal, du conservatoire qui les a rejoints. C’est quelque chose de très intéressant, ils vont faire la première partie de notre groupe ce soir. Je vais jouer un ou deux morceau avec eux. C’est la petite surprise pour le public. Ensuite on enchaînera avec  Heejazz.

Est-ce l’annonce d’une future collaboration ?

Oui pourquoi pas ? Mais je ne peux pas le dire comme ça parce que ce n’est pas officiel. J’espère que les gens vont aimer cette collaboration, tout est nouveau ce soir.

Les morceaux de l’album Chaos le premier du groupe Mohamed Abozekry & Heejaz sont très attendus pour ce concert. A votre avis quelles sont les raisons de cette sollicitude ?

Parce que cela fait trois ans que je tourne avec. C’est la création musicale avec laquelle je me suis fais distingué, mais aujourd’hui ce n’est pas ce premier album que je vais jouer, ce sera plutôt le nouvel album intitulé « Ring Road » dont la sortie est prévu en début 2015. Un nouveau répertoire, on verra si les gens accrocheront. On y trouve les couleurs latines, indiennes, jazz, il est plus ouvert que le premier qui était concentré sur la musique orientale.

Mohamed Obezekry quel regard portez-vous au Festival « Les nuits d’Orient » ?

Un très bon regard, j’espère qu’on ne va pas les décevoir, qu’ils seront content de nous avoir choisi.

Quels sont vos projets futurs ?

Actuellement je travaille sur un projet qui s’appelle « Nile project ». C’est un projet qui réunit les musiciens de tous les pays traversés par le Nil. Je partirai quatre mois en tournée avec ce groupe de musiciens à l’étranger. Normalement, je reviens en France au mois de Mai. En espérant que mon deuxième album plaira au public. Et aussi, le 12 Mars à Paris le groupe Heejazz Extended sortira le deuxième disque qui vient d’être enregistré. Ce soir c’est comme une Co-présentation de notre prochain album.

Au début on avait commencé le Jazz à quatre et aujourd’hui nous sommes cinq à former Heejazz Extended (la percussionniste cosmopolite Anne-laure Bourget, le contrebassiste polyvalent Hugo Reydet, le pianiste Ludovic Ypoudjian et le saxophoniste Benoît Baud). C’est une nouvelle direction artistique, une nouvelle fusion musicale.

Un dernier mot ?

Venez le 12 Mars au Café de la Danse, ça nous fera plaisir et on espère que cet album plaira aux auditeurs.

Propos recueillis par BAH Maimouna et MAGASSOUBA Fatoumata

Reportage : MOHAMED ABOZEKRY & HEEJAZ EXTENDED EN CONCERT

affiche du concert

La MJC BOURROCHES-VALENDONS, un édifice qui existe à Dijon depuis 66 ans a accueilli samedi dernier à 20h Mohamed Abozekry et son groupe HEEJAZ EXTENDED. C’était à l’occasion d’un spectacle pour le festival « Les nuits d’orients ». Un évènement qui a également permis une collaboration entre le groupe Heejaz Extended et les élèves des ensembles de guitare classique et de Jazz du conservatoire à rayonnement régional de Dijon (CRR) en compagnie du professeur Olivier PELMOINE.

Des Coulisses aux concerts, nos reporters vous relatent les faits.
Tout a commencé vers 16h30, heure d’arrivée des musiciens pour la dernière répétition.
Dans les coulisses : En première ligne à gauche on reconnaît le professeur PELMONE.

Olivier PelmoneOLIVIER PELMOINE ET SES ELEVES

A 17h, Mohamed Abozékry vient rejoindre le groupe CRR.

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Pour clôturer la répétition avec les élèves, Mohamed fait un dernier essaie avec la violoniste du conservatoire CRR.

dossier 4ABOZEKRY ET AMAL LA VIOLONISTE

19h : Dernière balance du groupe Heejaz & Extended
Ils étaient tous présents : la percussionniste cosmopolite Anne-laure Bourget, le contrebassiste polyvalent Hugo Reydet, le pianiste Ludovic Ypoudjian et le saxophoniste Benoît Baud pour les dernières balances à une heure du concert.

dossier 5MOHAMED ABOZEKRY & HEEJAZ EXTENDED

Le moment tant attendu est arrivé, il est 20h 30, le public est installé. Un discours d’hommage est prononcé en la mémoire de LOUIS, ingénieur de son récemment décédé par suite de maladie.

Il est à présent 20h42, c’est le début de la première partie du concert. Elle a été assurée par la prestation des élèves du conservatoire en compagnie de leur Professeur PELMOINE et de Mohamed ABOZEKRY. Pour cette fusion ils ont choisi de jouer le morceau tunis-tunisie. Un tube qui a émerveillé les fans.

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Le salut final :

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Enfin la deuxième partie a été consacrée au groupe Heejaz & Extended. Ils ont éblouit le public avec les nouveaux morceaux de leur dernier album intitulé «Ring Road». Parmi lesquels figurent les titres poissons rouge, une musique traditionnelle égyptienne et transit (couleur indienne)…

Reportage mené par : BAH Maimouna et MAGASSOUBA Fatoumata

Interview de la Grande Fanfare

La Grande Fanfare déambulera le jeudi 11 décembre à partir de 12h30, au départ de l’atheneum, sur le campus. Nous avons eu la chance de rencontrer les créateurs et certains de ses membres, qui ont accepté de se prêter au jeu des questions/réponses.

Ce sont donc les initiateurs de la Grande Fanfare, Thierry Daudé et Alfred Spirli qui ont répondu à nos questions dans un premier temps. Le premier est trompettiste, évolue dans le milieu de la rue et depuis une vingtaine d’année dans la troupe « Auprès de ma Blonde ». Le second est batteur, percussionniste, et travaille beaucoup à l’improvisation.

Quelle a été votre motivation de créer le projet de la Grande fanfare?

« C’est l’idée de la directrice de l’atheneum qui nous connaissait. Elle voulait motiver les spectacles en extérieur qui iraient chercher les étudiants, au lieu que ce soit les étudiants qui aillent à l’atheneum comme il est difficile aujourd’hui de les faire venir. L’idée principale était de sortir jouer dehors tout de suite sans répéter pendant 6 mois. La mairie a fait une proposition pour nous inclure dans le « festival des Nuits d’Orient »

Avez-vous un lien avec la culture arabe au départ ?

T.D : « Alors-moi je viens du Sud vous savez à coté de Marseille -ça s’entend oui oui- cette culture est prégnante chez nous, car elle n’est pas très loin. Tous les deux nous sommes d’origine italienne et l’Italie c’est pas très loin de l’Afrique, c’est un peu les cousins de la Méditerranée. Le lien il est là, c’est un lien de proximité.

A.S : « Le lien il est aussi dans le faite qu’on a déjà joué en Afrique plusieurs fois »

Avez-vous déjà joués avec des fanfares arabes ?

T.D : « Oui moi j’ai déjà joué lors d’une énorme manifestation a Marseille, il y avait plein de fanfares et notamment des musiciens algériens qui avaient monté une fanfare et c’était plutôt du «raï » algérien en fanfare dans la rue. »

Est-ce difficile de monter une fanfare en aussi peu de temps ?

A.S : « On ne monte pas une fanfare en particulier. On passe par des ateliers de pratique, des ateliers de rencontre, mais on est pas obligé de monter une vraie fanfare nous n’avons pas de règles précises »

T.D : « Disons que le 11 décembre le jour où nous allons déambuler, c’est une échéance, le jour où nous allons jouer dans la rue, c’est l’occasion d’aller en ville, mais pour nous l’essentiel c’est de vivre une aventure humaine et artistique a chaque fois qu’on se rencontre avec les participants. C’est vraiment une aventure humaine comme vous avez pu le constater : les gens viennent d’horizons différents. Certains ne sont même pas musiciens mais viennent quand même faire partie de la fanfare. Ce projet nous séduit car c’est un lieu où les gens ont leur place quelque soit leur niveau. Alors la difficulté c’est vrai qu’on ne va pas faire une fanfare avec un rendu professionnel, avec une musique, car on ne peut pas le faire par manque de temps. Nous on a juste envie d’être ensemble et de provoquer un événement. »

Puis nous avons ensuite dirigés nos interrogations vers certains membres de la Fanfare : Sandrine, comédienne, qui travaille dans la médiation artistique ; Patricia, percussionniste, qui exerce dans le milieu culturel ; et Jocelyn, saxophoniste et étudiant en STAPS :

Comment avez-vous connu la Grande Fanfare ?

Sandrine : « J’ai connu la Grande Fanfare complètement par hasard dans un petit fascicule qui reprenait les activités de l’atheneum et quand j’ai lu le descriptif je me suis dit que ça pouvait être super sympa ! Je travaille dans la médiation artistique et je suis venue pour voir un peu comment travaillaient les musiciens, comment pouvait se dérouler le processus créatif avec des gens qui sont musiciens et avec d’autres qui ne le sont pas, et surtout avec des gens qui ne se connaissent pas. »
Patricia : « J’ai découvert l’atelier en allant voir un spectacle au théâtre Mansart et en lisant un petit prospectus. Donc je ne suis pas étudiante du tout, enfin je l’ai été très longtemps et il y a quelques années aussi maintenant. »
Jocelyn: « J’ai découvert l’atelier grâce à une amie qui m’en a parlé. Elle m’a dit « c’est un truc d’improvisation, si ça t’intéresse, vas voir ! ». Donc j’y suis allé, ça m’a plus alors je suis resté. »

Est-ce compliqué de créer une Fanfare en si peu de temps et avec des gens qu’on ne connaît pas ?

S : « Alors non, c’est surtout très ludique et sympa. Il y a une écoute qui se met en place. Certes, c’est beaucoup plus difficile dans la rue parce que c’est un environnement où il y a déjà beaucoup de choses qui se passent. Mais en tout cas sur la scène de répétition, on sait déjà ce qu’on a à faire et on connaît déjà un petit peu les codes car on a déjà tous fait du théâtre ou de la musique ailleurs. »
P: « Oui parce que ça bouge beaucoup, en fait le groupe n’est pas fixe du tout donc on doit être 4 à être là depuis le début et à être venus hyper régulièrement. Mais sinon tous les autres se sont greffés, sont repartis, donc pour l’instant le groupe n’est pas encore fixement constitué. »

Malgré tout on trouvait qu’il y avait quand-même une bonne cohésion ?

J: « Après, à partir du moment où il était précisé que c’était du théâtre d’improvisation/ musique, on sait de quoi on est capable : investir la rue pour improviser devant les gens, se mettre au milieu d’autres pour créer un mouvement de groupe… A partir du moment où individuellement on a cette faculté, et bien quand on est tous ensemble, il suffit de regarder un petit peu ce que font les autres et puis ça suit ! »
P: « Et c’est aussi dû au fait qu’on ait fait 2 fois 3 heures, c’est condensé comme temps. Si on se voyait toutes les semaines ou tous les mois, on n’aurait pas cette énergie-là. »
J: « Oui, pas aussi vite en tout cas ! »
P: « Parce que là voilà, on est ensemble, un petit peu en osmose pendant 3 jours. Moi j’avoue la première session, quand j’ai arrêté, le 3ème jour j’étais hyper déprimée ! J’avais qu’une envie c’était de retrouver tout le monde un mois après quoi… ! «

Comment ça s’organisait exactement ?

P: « 2 fois 3heures deux jours dans la semaine… »
J: « Et le jeudi midi notre prestation ! »
P: « Donc c’est rapide, ça fait 6 heures de répétition ensemble et ensuite on est directement jetés dans la nature ! »

Propos recueillis par Marion Maire, Camille Delbray, Nina Scotti et Noémie Michel.

Salima Lekouara, artiste calligraphe.

Salima Lekouara

« Artiste  calligraphe,  Salima Lekouara  nous  fait  découvrir toute la  beauté  et la  profondeur  des gestes liés à l’écriture. Son lien très fort avec le monde arabe l’a fait intervenir au Maroc où elle a travaillé les enluminures et en Egypte où elle s’est formée dans les grandes écoles d’écriture »

 La présentation dédiée à Mme. Lekouara sur le dépliant du festival ne pouvait être plus explicite.

 Invitée par le festival Les Nuits d’Orient, Salima Lekouara transmet sa vision du monde et bien plus encore, à travers des expositions d’une qualité reconnue.

 Ses  œuvres  s’arrêteront  au  Centre  Social  Grésilles  lors  des  deux  premières  semaines  de décembre, du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30, puis de 13h30 à 18h30, en parallèle d’ateliers animés par la calligraphe en personne !

 C’est pourquoi nous l’avons brièvement rencontrée, afin de vous offrir un aperçu de l’artiste que vous pourrez notamment rencontrer le vendredi 5 décembre lors du vernissage de son exposition, toujours au centre social des Grésilles, à 18h.

 Quand on interroge sa motivation à participer au festival Les Nuits d’Orient, elle explique que pour elle « l’art d’Orient a souvent constitué une source d’inspiration pour les artistes étrangers ».

 Sa présence au festival traduit alors le fait que la calligraphie arabe fait partie de ces arts en question, capables d’attirer et d’inspirer les populations occidentales et leurs créateurs. Grâce notamment à « la noblesse de ses formes, le détail et la complexité de sa composition », traits singuliers de la calligraphie.

 Salima Lekouara décrit sa façon de travailler d’une manière étonnamment particulière: « Je donne libre cours à mes mouvements et le geste, la trace et le corps permettent d’une certaine manière la connaissance de soi ». Quand on observe les œuvres de la calligraphe on devient rapidement respectueux de cette culture et de cet art traditionnel. « Je travaille avec d’autres supports que le papier » rappelle l’artiste « peau de parchemin, papyrus de soie et porcelaine sur la toile» sont aussi des plateformes qu’utilise Salima Lekouara.

 En ce qui concerne son appréciation de la calligraphie de rue, Salima Lekouara est enthousiaste : «  je peux être calligraphe de rue car pour moi c’est un mouvement qui lie l’Occident et ses cultures urbaines avec l’Orient et ses calligraphies, ainsi que sa faculté d’écriture».

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Mais Salima va plus loin dans l’analyse de son art : « avec la calligraphie arabe, la lettre n’a plus pour seule fonction d’instruire mais aussi de libérer, la création devient ainsi permise à l’Homme.

 Un art subtil et élégant, pour lequel la posture, la sérénité et la souplesse du mouvement ont beaucoup d’importance. La calligraphie arabe est donc une vraie thérapie. »

 Cette rapide interview menée, nous nous sommes aperçus que l’atelier d’écriture dirigé par l’artiste ainsi que son vernissage étaient des occasions uniques pour nous, occidentaux, de découvrir l’Orient d’une nouvelle manière.

 De part ces événements, Salima Lekouara nous offre la possibilité de découvrir une autre facette du monde arabe et de ses richesses. Une vision spirituelle, humaniste ou comme elle aime à le dire thérapeutique.

 Nous vous donnons vite rendez-vous à ses expositions, dont nous ferons un reportage, pour en savoir plus et comprendre son art, son œuvre.

Propos recueillis par Périanne Lajugée et Simon Amidieu.

Interview de Néfissa Bénouniche

Néfissa Bénouniche 1

Néfissa Bénouniche

Qu’est ce qui vous a donné envie de devenir conteuse ?

Une fâcheuse tendance à préférer la courbe aux lignes droites.
L’architecture est la première route que j’ai prise, et voilà qu’un jour, le conte m’a fait de l’œil… Mais j’étais à des lieues d’imaginer qu’un jour j’en ferai mon métier.
J’ai fait un petit détour, et depuis je me promène inlassablement dans cette infinie forêt.

Racontez nous votre plus beau spectacle…

Difficile d’en nommer un. Pour chaque spectacle, il y a des moments de grâce, des soirs miraculeux où le public, mon travail et moi même sommes en phase.
Cela dit, le plus beau spectacle est toujours la dernière création. Celle qui me donne l’impression d’avoir franchi une étape et qui me propulse plus loin. Le plus beau spectacle est celui d’une porte qui s’ouvre vers l’inconnu.

Quel a été le public le plus réceptif à vos contes?

Il n’y a aucune règle. Je crois que c’est sur ce plan que j’ai eu le plus de surprises.

J’ai joué une fois « Autour d’elle » (un spectacle sur l’argile) dans le cadre d’un colloque dont le thème était « la conscience matérielle ». Il y avait des étudiants, des conférenciers, des philosophes.
Gloups!
Et bien, ça a été un public réactif, enthousiaste et très concerné.
Après la représentation, certains m’ont même apporté un éclairage inattendu : ce jour là, j’ai même eu un moment l’illusion qu' »Autour d’elle » était un traité de philosophie bachelardienne.

Je m’étais figurée que « TOUTèKATA » (un spectacle sur les revenants, répertoire japonais) s’adressait davantage aux adolescents.
Juste avant de le jouer devant un public très sélect (les amis d’un musée), j’ai eu une petit inquiétude : La salle était comble. Il y avait une majorité de personnes d’âge mûr.
Ils allaient peut-être s’ennuyer.
Je n’ai jamais autant entendu rire. J’en ai été très émue.

Et puis la fois où je suis arrivée dans une bibliothèque et où, à la dernière minute, alors que j’étais sensée présenter « MAGHREBINADES », la bibliothécaire m’a demandé de raconter plutôt « SexotiquieS » (mythes érotiques inuits et amazoniens).
Elle avait reçu un conteur arabe la semaine précédente, et elle préférait faire découvrir à son public un autre répertoire.
Il y avait là plein d’enfants, et malgré toutes mes réserves et l’annonce faite aux parents sur le contenu des histoires, tout le monde est quand même resté.
J’ai été émerveillée par l’accueil et l’intelligence des enfants. Ils étaient complètement branchés sur l’imaginaire loufoque de ce répertoire.

Les histoires que vous racontez sont-elles tirées de livres de conte ou écrites par vous-même?

Toutes mes histoires sont tirées de livres de contes mais aussi de récits de voyageurs, d’ethnologues, de romans, de films, de poésies. Je ne crée pas l’histoire, je la réinvente.
Il arrive aussi que je garde intégralement une version parce que son efficacité est redoutable, et que je ne vois pas ce que je peux rajouter de mieux.

Ces histoires sont-elles liées à votre vécu en Algérie?

Le seul spectacle qui est lié à mon pays d’origine est « Maghrébinades ». L’une des histoires que je raconte est celle que je préférais lorsque j’étais petite. Mon arrière grand-mère me la racontait inlassablement.
C’est celui où j’ai le plus envie que l’on sente la complexité de l’identité algérienne à travers la forme que je lui ai donné, plus que le contenu.
La plupart des autres spectacles sont construits à partir d’autres répertoires.
Ce qui m’intéresse le plus, c’est le sujet que j’ai envie d’aborder. Voilà pourquoi je plonge dans des répertoires qui l’abordent le plus efficacement à mes yeux, Inuits, Amazoniens, japonais…, même (et peut-être surtout) si je ne les connais pas encore.

Propos recueillis par Amandine Eymes et Ophélie Marmont.

Retrouvez les représentations de Nefissa Benouniche ici

Accident de Fanfare, Fanfare sur le campus

Alfred Spirli et Thierry Daudé, de la compagnie « Auprès de ma Blonde », ont monté en partenariat avec l’Atheneum des ateliers de fanfare. Ouvert à tous les musiciens, ils ont pour projet de déambuler le 11 décembre à 13h dans Dijon.
Les répétitions sont ouvertes à tous, les dernières séances auront lieu les 9 et 10 décembre de 18 à 21h, même aux personnes qui n’ont pas participé aux ateliers précédents, ainsi que le 11 décembre de 12h à 14h.
Lors de la première série de répétitions en octobre, les musiciens ont déambulé dans le campus, et ont mis de l’ambiance à la fac de lettres.

Pour plus d’info: http://atheneum.u-bourgogne.fr/agenda/detailevenement/12/-/ateliers-accident-de-fanfare.html

Partenaires : Université de Bourgogne