DJ Nardin

Dj Nardin vous invite à la découverte des musiques algériennes, marocaines et berbères, d’Ait Menguellet à Nass El Ghiwane, de Tinariwen à Gnawa Diffusion, aux frontières des musiques traditionnelles, du blues, du groove et du rock’n’roll.

 

Tarif unique : 3€

Partenaires : Péniche Cancale / SCIC L’autre bout du monde

Interview Mohamed Abozekry

mohamed abozekry

Vous êtes lauréat du premier prix au concours international d’Oud de 2009 à Damas, vous jouez de la musique du monde instrumental, mais surtout depuis 2010 vous avez crée le groupe de musique instrumentale Mohamed Abozekry & HeeJazz qu’on appelle désormais Heejazz extended.

Qu’est-ce qui est le plus gratifiant dans votre pratique de la musique ?

La recherche, car elle mène à la création, et c’est cette création musicale que le public aime ou pas.

On a pu voir que vous êtes un diplômé de l’université de Lyon II en musicologie et que depuis quelques années vous vous êtes installé en France. Pourquoi ces choix ?

Depuis 6 ans je vis en France. Je devais finir ma licence en trois ans sauf qu’avec les concerts, les projets et collaborations, je n’arrivais pas à être toujours à l’Université. Mais enfin bref j’ai validé ma licence en cinq ans. Pour cette sixième année je viens de bouger à Paris et je continue ma vie.

Rester en France est provisoire, peut-être dans deux ou trois ans je devrais partir mais je ne suis pas du tout sûr. Je ne travaille pas qu’en France, je travaille aussi à l’international, je viens d’Egypte donc je travaillais déjà là-bas, tout comme le moyen orient et maintenant on va aller aux Etats-Unis, ce qui n’a rien à voir avec la France. J’essaye d’élargir mes lieux de rencontres en collaboration avec d’autres musiciens.

Vous êtes attendu ce soir 06  Décembre à 20h à la MJC Bourroches à Dijon pour un spectacle du Festival « Les Nuits d’Orient » prévu du 1er au 14 décembreQuelle surprise réservez-vous au public dijonnais ?

On travaille avec les élèves des ensembles de guitares classiques et de jazz du Conservatoire à rayonnement régional de Dijon CRR et par Olivier Pelmoine, enseignant guitariste au conservatoire de Dijon et également une violoniste, Amal, du conservatoire qui les a rejoints. C’est quelque chose de très intéressant, ils vont faire la première partie de notre groupe ce soir. Je vais jouer un ou deux morceau avec eux. C’est la petite surprise pour le public. Ensuite on enchaînera avec  Heejazz.

Est-ce l’annonce d’une future collaboration ?

Oui pourquoi pas ? Mais je ne peux pas le dire comme ça parce que ce n’est pas officiel. J’espère que les gens vont aimer cette collaboration, tout est nouveau ce soir.

Les morceaux de l’album Chaos le premier du groupe Mohamed Abozekry & Heejaz sont très attendus pour ce concert. A votre avis quelles sont les raisons de cette sollicitude ?

Parce que cela fait trois ans que je tourne avec. C’est la création musicale avec laquelle je me suis fais distingué, mais aujourd’hui ce n’est pas ce premier album que je vais jouer, ce sera plutôt le nouvel album intitulé « Ring Road » dont la sortie est prévu en début 2015. Un nouveau répertoire, on verra si les gens accrocheront. On y trouve les couleurs latines, indiennes, jazz, il est plus ouvert que le premier qui était concentré sur la musique orientale.

Mohamed Obezekry quel regard portez-vous au Festival « Les nuits d’Orient » ?

Un très bon regard, j’espère qu’on ne va pas les décevoir, qu’ils seront content de nous avoir choisi.

Quels sont vos projets futurs ?

Actuellement je travaille sur un projet qui s’appelle « Nile project ». C’est un projet qui réunit les musiciens de tous les pays traversés par le Nil. Je partirai quatre mois en tournée avec ce groupe de musiciens à l’étranger. Normalement, je reviens en France au mois de Mai. En espérant que mon deuxième album plaira au public. Et aussi, le 12 Mars à Paris le groupe Heejazz Extended sortira le deuxième disque qui vient d’être enregistré. Ce soir c’est comme une Co-présentation de notre prochain album.

Au début on avait commencé le Jazz à quatre et aujourd’hui nous sommes cinq à former Heejazz Extended (la percussionniste cosmopolite Anne-laure Bourget, le contrebassiste polyvalent Hugo Reydet, le pianiste Ludovic Ypoudjian et le saxophoniste Benoît Baud). C’est une nouvelle direction artistique, une nouvelle fusion musicale.

Un dernier mot ?

Venez le 12 Mars au Café de la Danse, ça nous fera plaisir et on espère que cet album plaira aux auditeurs.

Propos recueillis par BAH Maimouna et MAGASSOUBA Fatoumata

Interview de la Grande Fanfare

La Grande Fanfare déambulera le jeudi 11 décembre à partir de 12h30, au départ de l’atheneum, sur le campus. Nous avons eu la chance de rencontrer les créateurs et certains de ses membres, qui ont accepté de se prêter au jeu des questions/réponses.

Ce sont donc les initiateurs de la Grande Fanfare, Thierry Daudé et Alfred Spirli qui ont répondu à nos questions dans un premier temps. Le premier est trompettiste, évolue dans le milieu de la rue et depuis une vingtaine d’année dans la troupe « Auprès de ma Blonde ». Le second est batteur, percussionniste, et travaille beaucoup à l’improvisation.

Quelle a été votre motivation de créer le projet de la Grande fanfare?

« C’est l’idée de la directrice de l’atheneum qui nous connaissait. Elle voulait motiver les spectacles en extérieur qui iraient chercher les étudiants, au lieu que ce soit les étudiants qui aillent à l’atheneum comme il est difficile aujourd’hui de les faire venir. L’idée principale était de sortir jouer dehors tout de suite sans répéter pendant 6 mois. La mairie a fait une proposition pour nous inclure dans le « festival des Nuits d’Orient »

Avez-vous un lien avec la culture arabe au départ ?

T.D : « Alors-moi je viens du Sud vous savez à coté de Marseille -ça s’entend oui oui- cette culture est prégnante chez nous, car elle n’est pas très loin. Tous les deux nous sommes d’origine italienne et l’Italie c’est pas très loin de l’Afrique, c’est un peu les cousins de la Méditerranée. Le lien il est là, c’est un lien de proximité.

A.S : « Le lien il est aussi dans le faite qu’on a déjà joué en Afrique plusieurs fois »

Avez-vous déjà joués avec des fanfares arabes ?

T.D : « Oui moi j’ai déjà joué lors d’une énorme manifestation a Marseille, il y avait plein de fanfares et notamment des musiciens algériens qui avaient monté une fanfare et c’était plutôt du «raï » algérien en fanfare dans la rue. »

Est-ce difficile de monter une fanfare en aussi peu de temps ?

A.S : « On ne monte pas une fanfare en particulier. On passe par des ateliers de pratique, des ateliers de rencontre, mais on est pas obligé de monter une vraie fanfare nous n’avons pas de règles précises »

T.D : « Disons que le 11 décembre le jour où nous allons déambuler, c’est une échéance, le jour où nous allons jouer dans la rue, c’est l’occasion d’aller en ville, mais pour nous l’essentiel c’est de vivre une aventure humaine et artistique a chaque fois qu’on se rencontre avec les participants. C’est vraiment une aventure humaine comme vous avez pu le constater : les gens viennent d’horizons différents. Certains ne sont même pas musiciens mais viennent quand même faire partie de la fanfare. Ce projet nous séduit car c’est un lieu où les gens ont leur place quelque soit leur niveau. Alors la difficulté c’est vrai qu’on ne va pas faire une fanfare avec un rendu professionnel, avec une musique, car on ne peut pas le faire par manque de temps. Nous on a juste envie d’être ensemble et de provoquer un événement. »

Puis nous avons ensuite dirigés nos interrogations vers certains membres de la Fanfare : Sandrine, comédienne, qui travaille dans la médiation artistique ; Patricia, percussionniste, qui exerce dans le milieu culturel ; et Jocelyn, saxophoniste et étudiant en STAPS :

Comment avez-vous connu la Grande Fanfare ?

Sandrine : « J’ai connu la Grande Fanfare complètement par hasard dans un petit fascicule qui reprenait les activités de l’atheneum et quand j’ai lu le descriptif je me suis dit que ça pouvait être super sympa ! Je travaille dans la médiation artistique et je suis venue pour voir un peu comment travaillaient les musiciens, comment pouvait se dérouler le processus créatif avec des gens qui sont musiciens et avec d’autres qui ne le sont pas, et surtout avec des gens qui ne se connaissent pas. »
Patricia : « J’ai découvert l’atelier en allant voir un spectacle au théâtre Mansart et en lisant un petit prospectus. Donc je ne suis pas étudiante du tout, enfin je l’ai été très longtemps et il y a quelques années aussi maintenant. »
Jocelyn: « J’ai découvert l’atelier grâce à une amie qui m’en a parlé. Elle m’a dit « c’est un truc d’improvisation, si ça t’intéresse, vas voir ! ». Donc j’y suis allé, ça m’a plus alors je suis resté. »

Est-ce compliqué de créer une Fanfare en si peu de temps et avec des gens qu’on ne connaît pas ?

S : « Alors non, c’est surtout très ludique et sympa. Il y a une écoute qui se met en place. Certes, c’est beaucoup plus difficile dans la rue parce que c’est un environnement où il y a déjà beaucoup de choses qui se passent. Mais en tout cas sur la scène de répétition, on sait déjà ce qu’on a à faire et on connaît déjà un petit peu les codes car on a déjà tous fait du théâtre ou de la musique ailleurs. »
P: « Oui parce que ça bouge beaucoup, en fait le groupe n’est pas fixe du tout donc on doit être 4 à être là depuis le début et à être venus hyper régulièrement. Mais sinon tous les autres se sont greffés, sont repartis, donc pour l’instant le groupe n’est pas encore fixement constitué. »

Malgré tout on trouvait qu’il y avait quand-même une bonne cohésion ?

J: « Après, à partir du moment où il était précisé que c’était du théâtre d’improvisation/ musique, on sait de quoi on est capable : investir la rue pour improviser devant les gens, se mettre au milieu d’autres pour créer un mouvement de groupe… A partir du moment où individuellement on a cette faculté, et bien quand on est tous ensemble, il suffit de regarder un petit peu ce que font les autres et puis ça suit ! »
P: « Et c’est aussi dû au fait qu’on ait fait 2 fois 3 heures, c’est condensé comme temps. Si on se voyait toutes les semaines ou tous les mois, on n’aurait pas cette énergie-là. »
J: « Oui, pas aussi vite en tout cas ! »
P: « Parce que là voilà, on est ensemble, un petit peu en osmose pendant 3 jours. Moi j’avoue la première session, quand j’ai arrêté, le 3ème jour j’étais hyper déprimée ! J’avais qu’une envie c’était de retrouver tout le monde un mois après quoi… ! «

Comment ça s’organisait exactement ?

P: « 2 fois 3heures deux jours dans la semaine… »
J: « Et le jeudi midi notre prestation ! »
P: « Donc c’est rapide, ça fait 6 heures de répétition ensemble et ensuite on est directement jetés dans la nature ! »

Propos recueillis par Marion Maire, Camille Delbray, Nina Scotti et Noémie Michel.